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Passer le relais

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L’activité continue au sein des MDPA, maigre la fin de l’exploitation minière. Bernard Rolland, président du directoire des MDPA, Jean-Pierre Rulleau, directeur de l’environnement, et René Giovanetti, directeur de l’in­dustrialisation et du patrimoine, ont la lourde tâche de « liquider » l’énorme entreprise en respectant les hommes, le patrimoine bâti et paysa­ger, sans oublier l’environnement. Une tâche passionnante, qui les oblige, ainsi que les quelque 300 employés encore dans l’entreprise, à s’adapter constamment. Interview collective…

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EN ALSACE : Quand est apparue la nécessité d’arrêter l’exploitation minière ?

MDPA1 : A partir de la fin des années 70, différents plans ont été éla­borés pour mettre en perspective la fin de l’exploitation. Car émergaient alors des gisements importants au Canada et dans l’Oural, avec des prix de revient avantageux tels que la compétitivité des MDPA allait s’émousser. L’exploitation optimale de notre site a été estimée pos­sible jusqu’à l’an 2004. Mais 1983 a été une année abominable pour nous et, dès 1986, nous étions dans le rouge perma­nent. On pouvait se poser la question s’il ne valait pas mieux arrêter tout de suite. Mais les contraintes imposées par les contrats de tutelle étaient tellement lourdes qu’il était moins cher de conti­nuer l’exploitation jusqu’à la date impo­sée. La décroissance avait commencé et, à partir de 1994, se sont construites les différentes missions devant conduire à l’arrêt définitif de la mine de potasse.

Quelles sont ses missions ?

Il y en a cinq : l’exploitation opti­male du gisement avec une décrois­sance lente, la construction de l’ave­nir du personnel, la restauration de l’environnement, la réindustrialisa­tion du bassin et la transmission du patrimoine. Un patrimoine important avec environ 7 000 logements, des églises, des salles de sport, des MJC… mais composé aussi de forêts, de terres agricoles et des carreaux de mines.

Comment s’est passée la reconversion du personnel ?

Nous nous sommes engagés à créer, d’ici à 2004, 2 700 emplois dont 1 000 structurants, mais l’industriali­sation ne se passe pas toujours sans problèmes. On ne voit trop souvent que les grandes entreprises, or ce qui est très important, c’est de créer un tissu de PME. Notre force est d’avoir préparé, dix ans à l’avance, l’arrêt de l’exploitation, et la reconversion de 640 employés sur 660 est déjà accomplie. Les salariés les plus âgés ont pu profiter de mesures de prére­traite. La reconversion concernait un personnel dont la moyenne d’âge était de 38 ans. Nous avions créé une cellule d’accompagnement de projets individuels, la cellule API, pour défi­nir avec chaque salarié son projet personnel car aucun mineur ne pou­vait espérer retrouver un emploi en tant que mineur. Si le projet n’était pas viable, l’API refusait le finance­ment. Et si par malheur un projet ne devait pas aboutir, la personne concernée était à nouveau prise en charge par l’API. 95 mineurs ont d’ailleurs créé leur propre entreprise. Au fil des replacements des salariés, l’activité de la mine a changé. Car il fallait au minimum 500 personnes pour faire tourner l’exploitation en toute sécurité. Mais si l’un ou l’autre avait une opportunité de se reconver­tir, on n’allait pas le retenir jusqu’à la date butoir de 2004.

Et l’environnement ?

Le code minier prévoit de rendre le terrain « propre ». D’ici à 2020 devront être traités 15 terrils, ces monticules constitués des résidus de l’exploitation : schistes insolubles argileux, chlorure de sodium. Sous l’effet de la pluie, ce sel s’est peu à peu infiltré dans la nappe, formant ainsi des langues salées, c’est-à-dire des zones où la teneur en chlorure de l’eau est supérieure aux normes de la potabilité. Notre objectif est donc de restituer la qualité de la nappe. Pour y arriver, il faut éliminer les sources d’infiltration par les terrils et pomper le sel qui se trouve dans la nappe. Soit nous récupérons le sel au pied des terrils, soit nous l’isolons. Par la suite, les terrils seront remodelés, végétalisés et intégrés dans le pay­sage. Après le social, le volet le plus long de « l’après-mines » concernera la restauration de l’environnement.

Que devient le patrimoine bâti ?

Les bâtiments vétustés et certaines installations seront rasés. Pour « Louise », par exemple, rien n’était récupérable. Mais d’autres morceaux des carreaux des Mines accueilleront des entreprises. Quant aux logements et aux édifices publics, nous avons commencé dès 1996 à transmettre ce bâti soit aux collectivités locales, soit aux particuliers, soit à des organismes capables de les réhabiliter. Pas ques­tion qu’il y ait des verrues dans le paysage. Sur 113 immeubles collectifs d’une quarantaine de logements, 103 ont déjà été réhabilités. Après la reconversion des hommes que l’on peut considérer comme réussie, notre rôle est de passer le relais.

Qu’est-ce qui vous a le plus marqué au courant de votre activité ?

Il n’y a pas de faits plus marquants que d’autres. C’est tout un ensemble. Ceux d’entre nous qui étions au fond ont apprécié la compétence et la motivation des mineurs, la proximité entre ouvriers et ingénieurs. Ce caractère fier et courageux des hommes travaillant dans un milieu dangereux et qui étaient constam­ment obligés de s’adapter à des situa­tions dangereuses. Et qui continuent à s’adapter actuellement hors des mines pour s’improviser agents immobiliers, paysagistes, spécialistes de l’environnement pour passer au mieux ce relais de « l’après-mines ».

Que va-t-il rester de toute cette activité ?

Le patrimoine bâti, les terrils trans­formés en collines. Il y aura bien sûr l’aspect musée avec le carreau Rodolphe. Nous faisons des docu­ments pour garder des traces, mais 50 ans, c’est long… Même si le mot « fin » n’existe pas dans l’histoire des MDPA, comme c’est marqué dans notre BD !

 

 

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