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LE SENTIMENT FRANÇAIS

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En France, la droite redevient nationaliste et revancharde i la fin des années 1880. L’Education Nationale sert à entretenir le patriotisme. Tout rappelle au jeune écolier qu’il sera soldat. Les souvenirs de gloire militaire du temps de la monarchie comme de la République sont exaltés. Dans les livres de géographie, l’Alsace-Lorraine figure en violet, une couleur dont le choix ne relève pas du hasard. La Gauche au contraire revient pacifiste. En 1902, Jaurès déclare à la Chambre que la France doit renoncer à la revanche.

Les émigrés et les optants alsaciens entretiennent d’étroites -.s avec leurs parents et amis restés au pays. Ils participent à des  associations, qui entretiennent l’esprit protestataire de 1871″ L’Alsace-Lorraine  à  Paris « ,   le    » Comité   vers et « ,  le   » Messager d ‘Alsace-Loraine ‘ ‘.  De nombreux —aux possèdent leur chroniqueur alsacien. Les dessinateurs Hansi et Zislin, liés au groupe protestataire de Colmar de Jacques Preiss et de l’Abbé Wetterlé, sont honorés du Tout-Paris.

En Alsace, le français reste la langue dominante de la bourgeoisie. Celle-ci envoie ses fils étudié dans les universités et les internats français. En 1904, réapparaît à Strasbourg un quotidien en langue française, le Journal d’Alsace-Lorraine, km le public est surtout bourgeois.

Signe de la tolérance prussienne, se constitue en novembre 1907 un comité pour édifier sur la colline du Geisberg un monument à la mémoire des soldats français morts à Wissembourg en 1705, 1744, 1793 et 1870. L’accord est donné pour que le coq gaulois orne le sommet de ce monument. En revanche, les emblèmes des régimes français doivent être détruits au dernier moment. L’inauguration a lieu le 17 octobre 1909 en Présence de 50 000 personnes. En Allemagne, les journaux pangermanistes se déchaînent. ‘ ‘ En cas de guerre, écrit- un agent français, ce serait un soulèvement général en faveur de la France.

A la veille de la Première Guerre mondiale, les sentiments; francophiles demeurent vivaces en Alsace, comme en témoignent les incidents de Graffenstaden et de Saverne. En novembre 1913, à Saverne, le jeune lieutenant von Forstner traite les recrues alsaciennes de ‘ ‘ voyous ‘ ‘ (wackes). Le journal ‘ ‘ der Elsasser  » évente l’affaire. Pour toute réponse, von Forstner reçoit une escorte de 4 hommes pour se promener dans la ville. Au Reichstag, un député alsacien interpelle le Chancelier Bethmann-Hollweg. Le gouvernement impérial est blâmé. Forst­ner est traduit devant un conseil de guerre, avant d’être acquitté quelques jours plus tard. Le statthalter von Wedel. Relativement modéré, est remplacé par von Dallnitz, qui marque le retour de ce que M. L’Huillier a appelé « L’esprit de Potsdam « . A la lumière de ces différents incidents, Berlin avait raison de craindre que l’autonomie effective de l’Alsace-Lorraine ne la détache de l’Empire au lieu de l’y intégrer étroitement.

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